Cejeu est la version junior que j'ai connu dans les annĂ©es 80 & avec lequel j'ai passĂ© nombre d'heures Ă  jouer.Cette version est bien Ă©videmment plus simplifiĂ©e & plus rĂ©duite que la version adulte que j'ai connue.Le jeu comprend un plateau de jeu pliable (40*40cm), la fameuse roue du destin, 4 pions en forme de vĂ©hicules avec bouton boule pour un maniement plus simple pour BonjourĂ  tous, je recherche dĂ©sespĂ©rement les rĂšgles du jeu Destins de 1992, donc ce ne sont pas celles de 1978 ou celles de 1997. la pochette du jeu ressemble Ă  celle lĂ  : (voir 1tableau de jeu 3 montagnes, 1 pont de pĂ©age, 7 bĂątiments 1 roue du destin 6 voitures + pions roses et bleus 2 petits fanions 1 casier de rangement Billets Polices d'assurance, actions, billets Ă  ordre 12 cartes Partage de la Richesse 18 cartes Marque de Standing 1 rĂšgle du jeu Plusde tops sur c'Ă©tait mieux avant, Destins, jeux de sociĂ©tĂ©, Juliette Tresanini, nostalgie DĂ©couvrez La nouvelle sĂ©rie Comme Des Gosses ! À partir du lundi 4 juillet Ă  20h30 sur M6 RĂšgledu jeu: La rĂšgle Ă  l’Escale Ă  jeux. Ressource: Le jeu sur BoardGameGeek Galerie photos sur BoardGameGeek · PrĂ©dĂ©cesseur · Successeurs · ParentĂ© · Biblio · Ressources: Destins - Le Jeu de la vie est un des plus anciens jeux de sociĂ©tĂ© « modernes » puisque la premiĂšre Ă©dition remonte Ă  1860. Le jeu a Ă©tĂ© rĂ©adaptĂ© par Reuben Klamer pour son centiĂšme anniversaire 1plateau de jeu 4 cartes de crĂ©dit Destin 4 tablettes Vie 12 pions (4 skateboards, 4 voitures de tourisme et 4 voitures de sport) 84 cartes ÉvĂ©nements de la vie 12 cartes Professions recto verso 4 cartes MĂ©mento 20 flĂšches 1 rĂšgle du jeu w6FaiW. Le Film français Peu de films ont suscitĂ© autant de rĂ©actions diverses et variables, hĂ©sitantes ou catĂ©goriques, si souvent contradictoires – Ă  l’image peut-ĂȘtre d’une Ɠuvre riche Ă  l’excĂšs – qu’on est tentĂ© de donner sa langue au chat. Mais que La RĂšgle du jeu, restaurĂ©e par des mains pieuses en 1959 sortit d’un purgatoire de vingt-cinq ans pour accĂ©der au ciel des classiques, il est temps d’oublier les caprices de la mode, la paresse de tous les conformismes et la faiblesse des passions les plus sincĂšres, pour examiner sereinement l’ouvrage Ă  la lumiĂšre d’informations complĂštes, le saisir d’un coup d’Ɠil dans sa premiĂšre nouveautĂ© grĂące au recul propice, le juger enfin avec tous les Ă©gards qu’on doit Ă  la vraie jeunesse. [Philippe Esnault – L’Avant-ScĂšne CinĂ©ma, n°52 – octobre 1965] Il est admis dĂ©sormais qu’aprĂšs huit annĂ©es de labeur magnifique et de luttes incessantes, jalonnĂ©es depuis La Chienne 1931 par des Ă©checs et des succĂšs Ă©galement Ă©clatants, La RĂšgle du Jeu situe le faĂźte de l’ascension de Jean Renoir ; qu’elle marque l’aboutissement d’une vie et le dĂ©part d’une Ă©volution profonde ; qu’elle fait charniĂšre, par ses formules d’expression, entre le cinĂ©ma d’avant-guerre et celui d’aujourd’hui. Un tel rĂ©sultat doit beaucoup Ă  des circonstances exceptionnelles, finalement trĂšs favorables au projet. Renoir a quarante-quatre ans, l’ñge de la maturitĂ©. II a dĂ©couvert la confiance en soi, perdu sa hantise d’ĂȘtre un ratĂ©, dĂ©pouillĂ© le vieil Octave comme une peau d’ours. Il pense avoir son mot Ă  dire », maintenant que l’expĂ©rience l’a rĂ©vĂ©lĂ© Ă  lui-mĂȘme et aux autres. Car il a besoin qu’on l’encourage, qu’on l’aime et qu’on l’aide. Depuis toujours, le bonhomme sait conquĂ©rir les cƓurs par son charme pataud de Parigot matois, les Ă©lans contradictoires d’une nature gourmande, son style savoureux de bohĂšme trop fainĂ©ant pour exploiter ses dons, frottĂ© de culture vraie mais nourri par ses sens, Ă  l’aise au salon comme Ă  l’office. Ses films l’ont rendu cĂ©lĂšbre ; ses idĂ©es, populaire. Le contact avec le public, La Grande Illusion, puis La Marseillaise, le lui ont rĂ©ellement donnĂ©. Dans l’imagerie du moment, l’enfant gracile peint par son pĂšre, l’ancien officier de 14, le cĂ©ramiste et le mondain sont devenus ce gros garçon qui lĂšve le poing dans les meetings » et qui s’attable au bistrot avec les copains devant un litre de beaujolais pour dĂ©guster du fromage de Brie. Sa silhouette fleure le terroir et le folklore. Les recettes de La BĂȘte humaine, son film prĂ©cĂ©dent, ont confirmĂ© sa valeur commerciale. Les producteurs et les distributeurs sont enfin prĂȘts Ă  lui faire confiance. Les techniciens ne le considĂšrent plus comme un amateur certes douĂ©, mais brouillon il a trouvĂ© leur estime en prouvant qu’il connaĂźt son mĂ©tier, s’il se moque des rĂšgles. Enfin, les critiques de bonne foi reconnaissent en lui, depuis le dĂ©part de RenĂ© Clair, le grand cinĂ©aste français de l’époque. Cette rĂ©ussite tardive et prometteuse ne le prend pas au dĂ©pourvu. Pendant des annĂ©es, ce touche-Ă -tout a fait connaissance avec le monde, les autres et lui-mĂȘme ; la frĂ©quentation des Ɠuvres et la pratique de son art lui ont appris la joie de crĂ©er et sa maniĂšre personnelle de le faire. LibĂ©rĂ© des peurs et des contraintes, il possĂšde cette fois les moyens de son ambition. Tout cela est encore confus et le hasard semblera mener la partie qui dĂ©bute comme une belote et s’achĂšve en coup de poker. Mais Renoir n’aura pas trichĂ©, tout Ă©tonnĂ© qu’il est d’avoir misĂ© si gros jeu dans une conjoncture incertaine. [Philippe Esnault – L’Avant-ScĂšne CinĂ©ma, n°52 – octobre 1965] L’orage gronde. Entrepris au lendemain de Munich, le film sera prĂ©sentĂ© neuf semaines avant la dĂ©claration de la guerre. La mobilisation partielle du 16 mars a dĂ©garni les rangs du personnel ouvrier. Dans une atmosphĂšre de malaise et de nervositĂ©, on feint de continuer Ă  vivre, mais le cƓur n’y est plus. Il est sans doute facile, aprĂšs coup, de trouver Ă  l’Ɠuvre des accents prophĂ©tiques, mais elle est manifestement imprĂ©gnĂ©e du climat dĂ©bilitant de cette pĂ©riode c’est moins l’oraison funĂšbre d’une classe dĂ©cadente qu’on entend prononcer que sonner le glas des illusions. On danse sur un volcan. VoilĂ  bien l’occasion de concevoir un drame gai ». Renoir veut avoir les mains libres. Il fonde avec quatre amis Camille François, son frĂšre Claude, AndrĂ© Zwobada et Olivier Billiou, une Ă  faible capital, La Nouvelle Edition Française », qui doit non seulement produire et diffuser les films de Jean Renoir , mais coopĂ©rer plus tard avec RenĂ© Clair, Julien Duvivier, Jean Gabin et Simone Simon
 On prĂ©voit de tourner deux films par an. Cette tentative est donc dĂ©jĂ  fort intĂ©ressante puisqu’elle vise, sur le modĂšle des Artistes AssociĂ©s » d’autrefois, Ă  l’émancipation financiĂšre des crĂ©ateurs. Le gouvernement français vit d’un trĂšs bon Ɠil cette initiative et songea mĂȘme, dit-on, Ă  confier Ă  l’équipe la gestion d’un des plus grands circuits nationaux, alors en grave difficultĂ©. Cependant, certains commerçants du cinĂ©ma, sentant la menace, firent grise mine et l’on cherche ici parfois l’origine de la cabale qui fit Ă©chouer le film et l’entreprise ; hypothĂšse hasardeuse, car l’échec de La RĂšgle du jeu fut total auprĂšs du public populaire comme auprĂšs des snobs. Les coopĂ©rateurs se mettent au travail, chacun Ă  sa tĂąche. InstallĂ©s dans les bureaux louĂ©s, 18, rue de la Grange-BateliĂšre, Ă  Marcel Pagnol, Camille François, Claude Renoir et Billiou prospectent les capitaux, tandis que Jean s’enferme dans la propriĂ©tĂ© familiale de Marlotte, en compagnie de Karl Koch et d’AndrĂ© Zwobada, pour travailler au scĂ©nario. Son point de dĂ©part ? Une transposition moderne, assez libre, de la piĂšce de Musset qu’il prĂ©fĂšre Les Caprices de Marianne. Il l’avait apportĂ©e en dot Ă  la et dĂ©posĂ©e sous forme d’un synopsis de quelques feuillets dactylographiĂ©s Ă  la SociĂ©tĂ© des Auteurs Comme on s’inspire toujours de quelque chose il faut tout de mĂȘme partir d’un point, mĂȘme s’il ne reste rien de ce point dans l’Ɠuvre dĂ©finitive pour m’aider Ă  penser Ă  La RĂšgle du jeu, j’ai relu assez attentivement Marivaux et Musset, sans avoir l’idĂ©e d’en suivre mĂȘme l’esprit. Je pense que ces lectures m’ont aidĂ© Ă  Ă©tablir un style, Ă  cheval sur un certain rĂ©alisme – pas extĂ©rieur, mais rĂ©alisme tout de mĂȘme – et une certaine poĂ©sie ; tout au moins, j’ai essayĂ©. » En fait, Renoir cristallise autour de ce thĂšme. Quelques semaines plus tard, il rentre de Marlotte, sĂ»r de son propos, avec un dossier sous le bras qui contient le premier dĂ©coupage de la partie parisienne et la trame gĂ©nĂ©rale des Ă©vĂ©nements de La ColiniĂšre. En son absence, Camille François et Olivier Billiou ont fait du bon travail le premier en dĂ©cidant des proches Ă  fournir de l’argent, le second en obtenant des avances sur des contrats de vente Ă  l’étranger, la se rĂ©servant le marchĂ© national. On envisage un budget de francs, considĂ©rable pour l’époque. La RĂšgle du jeu s’annonce comme la grande production française de l’annĂ©e 1939. Le choix des interprĂštes va modifier profondĂ©ment le sujet et le destin du film, Ă  trois semaines du tournage. Renoir pensait donner le rĂŽle de Christine Ă  Simone Simon, la femme-enfant, qui retrouverait son mari de La BĂȘte humaine, Fernand Ledoux. La jeune star », rentrant d’Hollywood, exigea huit cent mille francs de cachet, ce qui la fit Ă©carter par Camille François qui proposa une dĂ©butante de talent MichĂšle Alfa, qu’on alla voir en scĂšne. Mais Renoir n’eut d’yeux ce soir-lĂ  que pour la princesse Starhemberg, une ancienne actrice, qu’il finit par dĂ©cider. Sa toquade mondaine provoqua la stupeur Nora CrĂ©gor n’était plus une gamine capricieuse, fraĂźche Ă©pousĂ©e par un gros homme un peu ridicule, mais une femme du monde dans l’éclat de la trentaine. On lui donna pour mari l’excellent Marcel Dalio, dont il fallut aussi modifier la biographie. EnivrĂ©, d’autre part, par l’actrice et le personnage, Jean Renoir dĂ©cidait de jouer le rĂŽle d’Octave, d’abord attribuĂ© Ă  son frĂšre Pierre. DĂšs lors, le projet prenait une autre direction, ou plutĂŽt une dimension nouvelle. L’ennui, c’est que le cinĂ©aste, en dĂ©pit de sa passion pour la comĂ©die, restait un amateur et que la charmante Nora GrĂ©gor Ă©corchait le français. [Philippe Esnault – L’Avant-ScĂšne CinĂ©ma, n°52 – octobre 1965] La distribution habilement complĂ©tĂ©e, une Ă©quipe nombreuse, fervente et qualifiĂ©e, pourvue d’un excellent matĂ©riel objectifs Kinoptik, Ă©quipement sonore Western Electric prit le chemin de la Sologne, j’allais dire le chemin des vacances. Tourner avec Renoir, c’est s’amuser prodigieusement en bande, dans une atmosphĂšre de rĂ©crĂ©ation. On travaille pour le plaisir, en vrais amateurs, et le film garde la saveur de la vie. On improvise et chacun donne son idĂ©e, sous le regard des financiers et des techniciens. SĂ©duit par le paysage et les rĂšgles de la vĂ©nerie, Renoir dĂ©veloppe la partie de chasse qui sera dirigĂ©e par un vieil Anglais et l’ami Corteggiani, un parfait fusil. On enrĂŽle les amis et connaissances pour figurer dans le film, oĂč les blagues s’incorporent. Puis les acteurs interviennent Les acteurs sont aussi les auteurs d’un film et, quand on se trouve en leur prĂ©sence, ils apportent des rĂ©actions que l’on n’avait pas prĂ©vues; ces rĂ©actions sont souvent trĂšs bonnes et on serait bien fou de ne pas en profiter. J. R. » Les jeux de scĂšne, les dialogues et finalement la psychologie des personnages et mĂȘme le sens de l’Ɠuvre se trouvent ainsi modifiĂ©s et enrichis. Mais le temps n’avait pas tardĂ© Ă  se gĂąter. Pour ces scĂšnes d’extĂ©rieur, la pluie tombe sans arrĂȘt et l’on attend des jours entiers l’éclaircie, la bonne lumiĂšre pour les prises et les raccords. Le cinĂ©aste peut encore travailler son scĂ©nario Ă  l’auberge de Salbris durant une quinzaine. Sans cesse remaniĂ©, le projet ne prend sa tournure dĂ©finitive qu’au moment du tournage. Renoir reste l’homme de l’improvisation d’aprĂšs canevas, du travail sur le vivant J’ai une certaine tendance Ă  ĂȘtre un peu thĂ©orique dans le dĂ©but de mes travaux ce que je voudrais dire, je le dis un peu trop clairement, un peu comme un confĂ©rencier, et c’est extrĂȘmement ennuyeux. Peu Ă  peu et le contact avec les acteurs m’y aide Ă©normĂ©ment, j’essaie de m’approcher de la maniĂšre dont, dans la vie rĂ©elle, des personnages pourraient s’intĂ©grer Ă  leurs thĂ©ories, tout en restant soumis aux mille impedimenta de la vie, aux mille petits Ă©vĂ©nements, aux mille petits sentiments qui font que l’on ne reste pas thĂ©orique .. » De cette mĂ©thode de cinĂ©ma en libertĂ©, qui l’oppose Ă  son ami RenĂ© Clair, on sait les avantages et les inconvĂ©nients. L’invention spontanĂ©e se paie par des retards et des dĂ©penses supplĂ©mentaires. On peut craindre Ă  l’arrivĂ©e de fĂącheuses surprises ratages et coupures inĂ©vitables, incohĂ©rences de dĂ©tail et mĂȘme dĂ©sĂ©quilibre. On s’inquiĂšte bientĂŽt, car le devis initial sera dĂ©passĂ©. Heureusement, Zwo », qu’on dĂ©pĂȘche Ă  Paris, parvient Ă  convaincre Jean Jay, directeur chez Gaumont, qui venait de distribuer avec succĂšs La BĂȘte humaine, de programmer la future RĂšgle du jeu dans son circuit contre un Ă -valoir » d’environ deux millions. Gros sacrifice pour un film sans vedettes et passablement original. Jean Jay, qui croit en Renoir, mais qui doit dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts de ses actionnaires, se rend en Sologne et persuade le rĂ©alisateur, avec l’appui de Camille François, inquiet lui aussi des dĂ©passements, d’aller occuper au plus tĂŽt le grand plateau FG de PathĂ©, Ă  Joinville, oĂč le vaste complexe » construit par LouriĂ© et Douy n’attend plus que lui. Une petite Ă©quipe composĂ©e de Zwobada, Corteggiani et Jacques Lemare restera sur place pour filmer les plans de tuerie d’animaux, d’aprĂšs les indications prĂ©cises de Renoir, auquel on projette les rushes chaque samedi. Il faudra patienter deux mois, construire une sorte de casemate mobile et descendre des centaines de lapins pour obtenir l’effet recherchĂ©, rĂ©ellement bouleversant. Sur le plateau double de Joinville, oĂč Jean Renoir arpente l’exact et riche dĂ©cor qu’il lui fallait, la tension monte. Les bruits de guerre franchissent les portes du studio, les rapports de l’équipe Ă©voluent, le tournage prend la forme d’une aventure. Retrouvant son goĂ»t du peuple, Renoir dĂ©veloppe l’intrigue du trio Lisette-Schumacher-Marceau, servi par de magnifiques interprĂštes, et donne aux domestiques une importance Ă©gale Ă  celle des maĂźtres. Cependant qu’il tĂąche d’escamoter la gentille et mĂ©diocre Nora, qui ne le fascine plus. Le patron regrette d’autant plus amĂšrement son caprice qu’il est emballĂ©, Ă  juste titre, par la classe de Mila ParĂ©ly, cette amazone de vingt-deux ans, qu’on verrait bien dans la peau de Christine. Il Ă©toffera donc le personnage de l’intelligente et sensuelle GeneviĂšve, mineur Ă  l’origine. Jean Jay surveille la marche du travail et voit les rushes », Le dessin gĂ©nĂ©ral du film l’intĂ©resse, en dĂ©pit de son ton dĂ©routant, mais il est atterrĂ© par le jeu de Renoir dans le rĂŽle d’Octave. Il s’en ouvre Ă  lui franchement et lui conseille de le rĂ©duire puisqu’il n’est plus possible de tout recommencer avec Michel Simon, comme le suggĂšre Jean Renoir. Le rĂ©alisateur ne suivra pas ce conseil. Par le truchement d’Octave, il entre et circule dans son film, s’y rĂ©vĂšle et s’y confesse. Octave tient dans les derniĂšres scĂšnes quand il a dĂ©vĂȘtu sa peau d’ours une place dĂ©terminante au point de ralentir l’action, de la compliquer, de la rendre inacceptable au public habituel. Mais il est Ă©branlĂ©, s’interrogeant sans doute sur le rĂ©sultat final et l’accueil des spectateurs. Il sait qu’il ne pourra s’en prendre qu’à lui d’une Ă©ventuelle dĂ©ception. Merveilleusement entourĂ© par une Ă©quipe talentueuse et dĂ©vouĂ©e, il a pu pendant des mois Ɠuvrer en totale libertĂ©, sans restriction technique ou financiĂšre. Il a obtenu des meubles de prix, de l’argenterie de chez Christofle, des piĂšces de collection comme ce limonaire gĂ©ant qu’on a fait venir d’Allemagne; le tout installĂ© dans le luxueux dĂ©cor aux portes pleines, aux vrais parquets, Ă  l’escalier monumental de Lourié  Il aura coĂ»tĂ© plus de cinq millions, ce curieux film oĂč il s’est finalement mis tout entier, son dĂ©mon intĂ©rieur se jouant des Ă©vĂ©nements, et qui le surprend peut-ĂȘtre lui-mĂȘme. L’artiste est dĂ©passĂ© par sa crĂ©ation. Il tourne Ă  tout hasard une ou deux scĂšnes explicatives et tĂątonne pour la fin le dĂ©part d’Octave en compagnie de Marceau prĂ©cĂ©dant aujourd’hui comme une fausse sortie la remarquable scĂšne du perron. Partageant sans doute secrĂštement l’inquiĂ©tude de ses amis, rompu d’autre part par l’effort qu’il vient de fournir, Jean Renoir va s’isoler, laissant Ă  Marguerite, sa plus prĂ©cieuse collaboratrice, le soin de tirer de mĂštres de pellicule le film dont il a rĂȘvĂ©. DĂ©but juillet, on assiste en groupe Ă  la premiĂšre projection de La RĂšgle du jeu, qui dure 113 minutes. Jeau Jay exige des coupures pour Ă©viter l’échec commercial. Renoir capitule. Sur ses indications, Marguerite ramĂšne le film Ă  une durĂ©e de 100 minutes, obtenue par l’ablation de sept scĂšnes. La censure donne son visa. Vendredi 7 juillet 1939 grande premiĂšre au ColisĂ©e », mais Ă  bureaux ouverts. Un interminable documentaire pompier Ă  la gloire de l’Empire ouvre la sĂ©ance. AprĂšs L’entracte, le chahut commence et tourne Ă  l’émeute. Des spectateurs de l’orchestre allument des journaux ; on ricane, on conspue. A la sortie, parmi quelques gentillesses, un monsieur bien propose de fusiller les gens qui font de tels films. A l’Aubert-Palace, le public, plus populaire, n’est pas choquĂ©, mais il n’y comprend goutte et les quolibets pleuvent. C’est la dĂ©route Renoir charge Marguerite d’assister aux sĂ©ances pour repĂ©rer les passages les plus sifflĂ©s. Au bout de cinq jours, le film se trouve ramenĂ© Ă  90 minutes. Et, pour les salles qui programment deux films par sĂ©ance, on Ă©tablit, Ă  la demande de Gaumont, une autre version rĂ©duite Ă  85 minutes. Mais on ne taille pas dans un tel film, fĂ»t-ce pour le simplifier. Il quitte l’affiche en trois semaines. Enfin, pour Ă©pargner tout nouvel effort aux naufragĂ©s, la censure interdit, en octobre, comme dĂ©moralisante », La RĂšgle du jeu. A la sortie du ColisĂ©e, RenĂ© Clair ramenait en taxi son ami, fort abattu Enfin, mon vieux Jean, qu’est-ce que tu as voulu faire exactement? – Je ne sais pas, je ne sais plus ! » [Philippe Esnault – L’Avant-ScĂšne CinĂ©ma, n°52 – octobre 1965] Les intentions de Renoir paraissent aujourd’hui fort claires. Loin d’ĂȘtre une farce confuse bĂąclĂ©e par un soviet hĂ©tĂ©roclite, car si l’entreprise fut collective la conception demeura personnelle, La RĂšgle du jeu possĂšde une rigueur interne, en dĂ©pit des retouches et des bavures, qui confirme la maĂźtrise d’un authentique crĂ©ateur allergique Ă  toute discipline mais sensible au moindre tropisme, soucieux cette fois d’exprimer totalement sa vision du monde, libre et personnelle. Jusqu’à prendre, par l’intermĂ©diaire d’Octave, un caractĂšre autobiographique surprenant. On peut discuter la valeur du personnage, qui colle trop Ă  son interprĂšte, et le jeu dĂ©contractĂ© mais naĂŻvement roublard de celui-ci. Subsiste, derriĂšre cette rondeur faconde, une prĂ©sence Ă©mouvante dont les interventions les plus prolixes font dresser l’oreille. Mais le film tout entier lui ressemble. Les recettes de cuisine, les airs 1900, le moindre objet sont d’abord choisis pour une jubilation intime, comme les courbures de la monumentale Charlotte, les gestes d’un personnage ou ses rĂ©pliques. Les deux thĂšmes majeurs qui courent dans plus de trente films sont ici traitĂ©s fortissimo la nature, le ciel, les arbres et l’eau ; puis les femmes, aussi bien celles dont on baise la main que celles dont on pince la taille. Un des regrets de mon pĂšre fut de n’avoir pu peindre des coins de Sologne. Comme j’ai compris la sincĂ©ritĂ© de ses regrets devant ces beaux paysages aux couleurs Ă©tonnantes, d’une grĂące si mĂ©lancolique et si douce Ă  la fois, de la Sologne ! » Il avait dit 
Ce que je veux que l’on sente dans ce film, c’est mon grand amour pour les femmes. Il faudra pour cela que je montre des hommes ; des hommes qui parlent des femmes, qui diront tout ce qu’on peut dire sur elles. » ThĂšmes rĂ©vĂ©lateurs de son tempĂ©rament sensuel et de son goĂ»t de la vie. Chez lui, les mouvements du corps et du cƓur prĂ©cĂšdent ceux de l’esprit. A la pensĂ©e doctrinale, il prĂ©fĂšre l’expĂ©rience individuelle, le contact direct avec les hommes, ses semblables. Le malentendu sur la signification de La RĂšgle du jeu provient de lĂ  on y chercha l’Ɠuvre d’un partisan quand il fallait y voir celle d’un moraliste. Comme nombre d’intellectuels et d’artistes antifascistes, Jean Renoir avait adhĂ©rĂ© beaucoup plus par gĂ©nĂ©rositĂ© naturelle que par conversion philosophique au Parti communiste. Il restait un bourgeois idĂ©aliste, fonciĂšrement indĂ©pendant, le cƓur Ă  gauche, mais Ă  la maniĂšre de bien des confrĂšres plutĂŽt fidĂšles au courant anarchisant qui baigne le cinĂ©ma français. Une Ɠuvre comme Le Crime de monsieur Lange 1935 marquait prĂ©cisĂ©ment l’adhĂ©sion de ces individualistes au Front Populaire, qui dura le temps des illusions. On aurait pu prendre garde au ton trĂšs significatif de La Grande Illusion dont la presse de droite reconnut le patriotisme Ă©clairĂ© » et le sens des nuances. Certes, le schĂ©ma marxiste est respectĂ© les diffĂ©rences de classes situent les vraies frontiĂšres, mais, si les hommes sont dĂ©terminĂ©s par leur Ă©ducation et leur milieu social, ils le sont tout autant par Ia Nature et le caractĂšre. Ils se retrouvent dans leur diversitĂ©, avant de se grouper selon des affinitĂ©s normales. Au lieu de cingler le junker et le Cyrard, traĂźnant mĂ©tallos et professeurs au carrousel de boue et de sang qui s’achĂšvera par la RĂ©volution d’Octobre, l’ancien combattant Ă©coute leurs raisons, nuance leur personnage, tĂąche d’en exprimer la grandeur lucide face Ă  la mort de sa race. CrĂ©puscule des dieux. Un Boieldieu aussi a de la classe, et ça se perd ! Bien sĂ»r, La RĂšgle du, jeu a des accents beaucoup plus grinçants. Les allusions sarcastiques ne manquent pas, et prĂ©cisĂ©ment le terrible Alsacien, pendant la guerre, en a tuĂ© pour moins qu’ça! ». On dĂ©nonce le bourrage de crĂąne radio, presse, publicitĂ©, gouvernement et la stupiditĂ© du racisme. L’hymne boulangiste claironnĂ© devant l’Arc de Triomphe serre le cƓur comme un pressentiment d’hĂ©catombe, que le massacre de la chasse prĂ©figure tragiquement. A travers l’actualitĂ©, se dĂ©veloppe d’autre part une savoureuse mais fĂ©roce critique du monde », dont Octave Renoir connut les arcanes. Il en montre la vanitĂ©, le vide, la futilité  Ces ĂȘtres dĂ©cadents ont perdu leurs raisons de vivre, leur force et leur sincĂ©ritĂ©. Ils flottent dans le vĂȘtement d’une tradition qui sauve les apparences. Leur respect de l’étiquette », le seul dogme qui les justifie, les condamne Ăą l’hypocrisie. Un moment de distraction geste ou sentiment spontanĂ©, provoque le drame. S’agit-il pour autant d’une condamnation sans pitiĂ© de la bourgeoisie ? Certes non ! Qu’on compare avec les accents vengeurs d’un Zola ou d’un CĂ©line
 Renoir est plus d’une fois complice de ses hĂ©ros – tout le monde a ses raisons » – et ne mĂ©nage pas son estime Ă  l’adversaire quand il a la luciditĂ© brillante d’un La Chesnaye la derniĂšre rĂ©plique du film est ambiguĂ«. En fait, nous avons affaire non pas Ă  une Ă©tude sociale, mais Ă  une critique de mƓurs On aurait tort de chercher un caractĂšre symbolique ou de trouver, dans La RĂšgle du Jeu, des thĂšmes satiriques sociaux. Les personnages sont de simples ĂȘtres humains, ni bons ni mauvais, et chacun d’entre eux est fonction de sa condition, de son milieu, de son passĂ©.» Enfin et surtout, maĂźtres et domestiques sont renvoyĂ©s dos Ă  dos le costume, dĂ©guisement social, importe moins que celui qui le porte et les hommes se ressemblent par ce qu’ils cachent» Paul ValĂ©ry. Les chassĂ©s croisĂ©s des salons aux cuisines rĂ©vĂšlent une identitĂ© de nature entre des ĂȘtres que la sociĂ©tĂ© a diffĂ©remment pourvus. Renoir dĂ©nonce le mensonge, mais l’injustice ? De quoi vivent ces profiteurs et ces parasites ? D’un grand industriel du Nord, nous ne tirerons qu’une boutade Il pleut dans vos usines ? – Comme partout ! » La vigueur du pamphlet disparaĂźt au profit de l’observation psychologique des individus tourmentĂ©s par leurs passions. La RĂšgle du jeu situe Renoir dans la lignĂ©e des moralistes français, d’un Chamfort par exemple, dont il partage ici le pessimisme lucide Il n’y a pas un personnage de La RĂšgle qui vaille la peine d’ĂȘtre sauvĂ©. » [Philippe Esnault – L’Avant-ScĂšne CinĂ©ma,n°52 – octobre 1965] Il se force pourtant Ă  rassembler la cohorte bigarrĂ©e des milieux privilĂ©giĂ©s un couple cosmopolite, l’ex-juif Rosenthal et son Ă©pouse autrichienne, croise le mĂ©nage provincial des La BruyĂšre, reçoit un sportif cĂ©lĂšbre, flanquĂ© d’un intellectuel bohĂšme, et des dames de l’aristocratie sous les yeux d’un insupportable gandin et d’un gĂ©nĂ©ral en retraite restĂ© trĂšs vert, d’un inverti bien fade et du BrĂ©silien de La Vie parisienne
 L’argent seul les lie dont le pouvoir Ă©vident n’est pas contestĂ©. Robert, duquel GeneviĂšve vient de blĂąmer l’instinct de propriĂ©tĂ©, s’inquiĂšte de la situation de Jurieu qui doit emmener Christine. Quelques instants plus tard, Lisette saura dĂ©courager l’impĂ©cunieux Octave d’enlever une femme du monde
 L’argent surĂ©lĂšve les maĂźtres, dont les serviteurs exigent avant tout qu’ils aient de la branche » et de la tenue. On les sert religieusement, qu’on soit majordome ou garde-chasse ; on les copie le chauffeur se fait appeler La Chesnaye », on les envie Lisette dĂ©vore Christine des yeux, on les estime pour leurs exigences raffinĂ©es la salade de pommes de terre du cuisinier, qui fĂ©licitera Corneille d’avoir maĂźtrisĂ© Schumacher. Marceau lui-mĂȘme, les larmes aux yeux, remerciera Monsieur le Marquis », qui le chasse, de l’avoir relevĂ© en faisant de lui un domestique. Ces ĂȘtres, que les conventions sociales sĂ©parent, se retrouvent dans la nuditĂ© de l’amour, les hommes d’un cĂŽtĂ©, les femmes de l’autre. L’instinct rapproche les sexes, mais leur nature est diffĂ©rente leur amitiĂ© n’est pas possible. La violence des mĂąles et leur goĂ»t de la possession heurtent la sensibilitĂ© capricieuse de leurs compagnes, trop avidement courtisĂ©es. Quand l’amour n’est plus un jeu courtois ou J’échange de deux fantaisies, quand le sentiment s’en mĂȘle, le drame de l’incomprĂ©hension commence. L’institution du mariage ne rĂ©soud rien l’épouse rĂȘve d’avoir un enfant et le mari, son harem. La chasse au bonheur rĂ©vĂšle la nature profonde des personnages – la sincĂ©ritĂ© terrible de Schumacher, Jurieu et Jackie contrastant avec le comportement des autres – et la confidence de leurs aventures provoque des complicitĂ©s familiĂšres Robert-Marceau, Christine et Lisette. Plus gĂ©nĂ©ralement, les individus se groupent par affinitĂ©s, se rencontrent et s’opposent suivant leurs instincts et leurs intĂ©rĂȘts. Quelques couples Robert l’enfant gĂątĂ© et Octave le bohĂšme ; Robert l’homme du monde et Jurieu le sportif ; Robert et Christine, Robert et GeneviĂšve, ce mari et cet amant qu’elles dĂ©couvrent identique ; Robert et Schumacher le maĂźtre et l’esclave; Robert et Marceau l’école buissonniĂšre. Faut-il rappeler les pittoresques alliances du gĂ©nĂ©ral et de Saint-Aubin, de Charlotte avec l’inverti ? Ces confrontations successives dessinent le portrait de chacun Christine avec Lisette, Mme La BruyĂšre, Jackie, GeneviĂšve, dĂ©finit son caractĂšre de femme reflĂ©tĂ© dans les yeux du partenaire. Le couple Schumacher-Marceau, le plus Ă©tonnant, prouve assez la force de cet enrichissement rĂ©ciproque. [Philippe Esnault – L’Avant-ScĂšne CinĂ©ma, n°52 – octobre 1965] Personnages, mais aussi marionnettes dont Renoir tire les ficelles, lui qui n’aime pas que la civilisation trahisse la nature. DĂ©risoire et pathĂ©tique, c’est un drame gai qui court du vaudeville Ă  la tragĂ©die non pas successivement, mais Ă  chaque instant, avec cette mĂąle gaietĂ©, si triste et si profonde
 » qu’il rĂȘvait depuis longtemps d’exprimer. Du coup, il a mis tout le monde Ă  contribution, sans que l’Ɠuvre sente jamais la redite ou le plagiat. Et d’abord lui-mĂȘme On pense Ă  Boudu Octave, Ă  Toni les maçons italiens, au Crime de Monsieur Lange les Indiens, Ă  La Grande Illusion Rosenthal 
 On pense beaucoup au Stroheim de Folies de Femmes, dont il reçut le choc dĂ©cisif, au Buñuel de L’Age d’or quand Modot tire son revolver, aux cocasseries des Marx, Ă  la poursuite du Million
 Mais les influences les plus rĂ©vĂ©latrices sont de nature littĂ©raire. Paulette Dubost et Gaston Modot semblent jouer dĂ©jĂ  Le Journal d’une femme de chambre, qu’il adaptera. Du naturalisme d’un Mirbeau, dont il s’est Ă©loignĂ©, en passant par le romantisme d’un Musset dont la fantaisie lui plaĂźt davantage que l’effusion, Renoir parvient Ă  trouver un secret accord avec un siĂšcle jumeau du nĂŽtre le XVIIIe. Les astres de ce ciel orageux Ă©clairent sa farandole Marivaux pour le sentiment, Beaumarchais pour la critique sociale, Diderot, Laclos.., tout l’éclat de l’esprit français. Et par-delĂ  ces maĂźtres, la Commedia dell’arte, dont les dramaturges ont su garder l’inventive libertĂ© en Ă©mancipant le valet qui, de Scapin, se mĂ©tamorphose en Figaro. La RĂšgle du Jeu annonce l’évolution du crĂ©ateur vers le film-divertissement. Treize ans avant Le Carrosse d’or, il prĂ©sente la vie comme un spectacle, accuse les traits, force le jeu, improvise au-dessus du ton. S’il reste fidĂšle Ă  l’impressionnisme paternel qui l’enchante, il s’évade pour toujours du naturalisme au profit d’un rĂ©alisme intĂ©rieur », Ce qui le conduit il retrouver les schĂšmes du théùtre Zola opposait dĂ©jĂ  le rĂ©alisme du roman Ă  la vĂ©ritĂ© théùtrale. Le paradoxe, c’est qu’il en profite pour libĂ©rer son cinĂ©ma d’une dramaturgie plaquĂ©e, le jeter dans l’espace et dans le temps. Si bien que la dynamique du film, fondĂ©e sur le rythme des intrigues parallĂšles, celles des maĂźtres autour de Christine, celles des valets autour de Lisette, jusqu’à leur convergence finale, rĂ©vĂšle une conception spatio-temporelle qui marque le passage dans le langage cinĂ©matographique de la construction théùtrale Ă  l’écriture romanesque. [Philippe Esnault – L’Avant-ScĂšne CinĂ©ma, n°52 – octobre 1965] La premiĂšre partie, parisienne, est justement critiquĂ©e comme trop conventionnelle. L’exposition scĂšnes chez La Chesnaye et chez GeneviĂšve, sĂ©quence de l’invitation d’AndrĂ© Jurieu est beaucoup trop longue – vieux drame du cinĂ©ma français ! – les effets trop appuyĂ©s, la rĂ©alisation banale. Quant aux sĂ©quences du Bourget et de laccident, elles manquent pour le moins de punch. Reste un montage adroit, de type temporel-causal. Le film dĂ©bute vraiment par l’admirable plan panoramique de l’arrivĂ©e des voitures de maĂźtres au perron du chĂąteau. DĂšs lors, le ton monte. Si la temporalitĂ© reste confuse, le mouvement de la vie prend grande allure. La partie de chasse est une page d’anthologie, par sa beautĂ©, qui rappelle celle d’Une Partie de campagne, et sa signification complexe. C’est d’abord un tableau documentaire poĂ©tique et tragique. Quand il voit les rabatteurs en blouse blanche, au coup de trompe de Schumacher, donner du bĂąton contre les troncs blancs de cette forĂȘt ourlĂ©e de terre plate qui prennent un Ă©clat de mĂ©tal sous un ciel plombĂ© de Toussaint, quand il les voit s’avancer inexorablement en poussant des cris pour lever le gibier apeurĂ© qu’on guide vers l’affĂ»t des chasseurs qui les massacrent sadiquement, le spectateur, mĂ©dusĂ©, se dĂ©couvre l’impuissant tĂ©moin d’un forfait. Sa valeur psychologique et symbolique n’est pas moindre puisque cette chasse des invitĂ©s paraphrase Ă  l’avance le meurtre du plus noble d’entre eux Il a boulĂ© comme un lapin Ă  la chasse » et transfĂšre Ă  la maniĂšre d’une fable l’horreur guerriĂšre, dont la gratuitĂ© paraĂźt moins immĂ©diate. Le spectacle par lequel dĂ©bute la fĂȘte au chĂąteau a finalement le mĂȘme caractĂšre symbolique cette miteuse revue de fin d’annĂ©e exprime la mĂ©diocritĂ© Nous avons l’vĂ© I’pied », l’inconscience Gais et contents » et la vague peur La Danse macabre » de ces beaux esprits. Au son du piano solo, on s’enfonce dans l’irrĂ©alisme pour dĂ©boucher sur le rĂȘve Schumacher surgit comme un justicier incongru dont il faut se dĂ©barrasser, tandis que le limonaire dĂ©traquĂ© continue sa ritournelle. La sarabande des pantins s’accĂ©lĂšre au rythme des deux poursuites qui se croisent. Le coup de feu dans le parc marque le rĂ©veil Ă  la vie. Tout peut rentrer dans l’ordre le garde-chasse a dĂ©barrassĂ© le patron de son rival. [Philippe Esnault – L’Avant-ScĂšne CinĂ©ma, n°52 – octobre 1965] Renoir se dĂ©double laissant Ă  Octave le soin d’intervenir pour lui dans la mascarade, il scrute du regard, en tant qu’auteur, ce spectacle complexe dont il a mĂ©nagĂ© les mouvements et le cadre par rapport Ă  nous, spectateurs agis. Est-ce le souvenir des dĂ©placements fĂ©lins de la camĂ©ra de Stroheim sur les monstres de Monte-Carlo ? Est-ce la conscience d’une Ă©volution dĂ©cisive qui entraĂźnera Welles, Hitchcock et Dreyer ? Est-ce la rĂ©ponse naturelle au besoin du moment ? Toujours est-il que Jean Renoir opte dĂ©libĂ©rĂ©ment pour la profondeur de champ, dont AndrĂ© Bazin dit toute l’importance. La RĂšgle du jeu est un film trĂšs peu dĂ©coupĂ© puisqu’il compte trois cent trente-six plans au long de ses trois mille mĂštres ; encore faut-il prĂ©ciser que la sixiĂšme bobine – celle de la chasse – comporte dĂ©jĂ  cinquante-sept numĂ©ros. Le procĂ©dĂ© lui permet d’obtenir un rendu plus fidĂšle et plus intense des actions divergentes ou parallĂšles qu’il dĂ©veloppe en profondeur ou latĂ©ralement dans l’étendue du cadre. Par des enchaĂźnements horizontaux de travellings et de panoramiques – que n’a-t-il une grue ! – il en suit la course comme un enquĂȘteur. La camĂ©ra qui traque Schumacher, Ă  la recherche de Lisette-Marceau, d’une porte Ă  l’autre du grand salon, oĂč l’on mime dans la pĂ©nombre le morceau de Saint-SaĂ«ns, se fixe comme un regard sur le visage dĂ©composĂ© d’AndrĂ©, lorgnant une Christine pitoyablement jetĂ©e sur un canapĂ© dans les bras de Saint-Aubin. VoilĂ  du grand cinĂ©ma. [Philippe Esnault – L’Avant-ScĂšne CinĂ©ma, n°52 – octobre 1965] Il est plus commode de parler du naturel de la vie que de le restituer. Et lorsque Renoir dĂ©clare C’est Ă  partir de La RĂšgle du Jeu que je me suis aperçu que la technique n’avait pas d’importance », il faut plutĂŽt comprendre que tout l’art est de la faire oublier. Car il est bien difficile, par exemple, de saisir dans tout ce brouhaha les conversations et les bruits, mĂȘme lors de ces prĂ©cieux temps morts » qui rompaient avec le style coutumier d’efficacitĂ© toujours intentionnelle. J’avais dĂ©jĂ  Jo de Bretagne au son avec moi. Nous employĂąmes six bandes sonores au lieu d’une
 » Prouesse pour l’époque que la prise en direct des sons purs de la chasse, que celte savante confusion sonore du hall et des couloirs, que ces effets de distance et ces mĂ©langes adroits. Mais il faut insister plutĂŽt sur le dialogue. Sauf quelques ratages conversation chez GeneviĂšve, verbositĂ© d’Octave il est merveilleux de justesse. Pour une fois, les rĂ©pliques savoureuses Ă  la PrĂ©vert et les passages littĂ©raires ne dĂ©truisent pas dans un film français l’authenticitĂ© des Ă©changes quotidiens. Un style pour les domestiques, plus respectueux et plus familier, un style pour les maĂźtres, plus brillant et dĂ©sinvolte Le ton du monde consiste beaucoup Ă  parler des bagatelles comme des choses sĂ©rieuses, et des choses sĂ©rieuses comme des bagatelles. Montesquieu. » Dans l’emploi d’un riche vocabulaire, parfaitement datĂ© Ça y est, y en a un qui a Ă©touffĂ© mon chapeau ! » on notera la rĂ©vĂ©latrice dĂ©valuation des mots dans la bouche de La Chesnaye dangereux, affreux, admirablement 
 et le respect du style de chacun le gĂ©nĂ©ral et Berthelin pour la poule d’eau, servi par l’expression vocale Ă  l’accent germanique de Christine rĂ©pond la verve parigote d’Octave et de Marceau, maniaques de l’élision. Dans les tournures les ellipses abondent Enfin, ont-ils ou n’ont-ils pas ? – Ils ont ! » Et, pour la premiĂšre fois peut-ĂȘtre, le geste se joint Ă  la parole pour en achever le sens passage devant Christine de Lisette et Marceau, poursuivis par Schumacher. Enfin, c’est un coup de gĂ©nie que d’avoir prĂ©fĂ©rĂ© Ă  l’habituel commentaire musical au mĂštre des airs 1900 cocasses et des extraits de classiques racĂ©s. La mĂ©lancolie de Mozart enveloppe comme un suaire ce monde distinguĂ© au bord de la fosse. [Philippe Esnault – L’Avant-ScĂšne CinĂ©ma, n°52 – octobre 1965] En crĂ©ateur libre, Jean Renoir qui n’aime guĂšre la technique », refuse la rĂšgle du jeu professionnel, et ses fautes de grammaire » sont de remarquables trouvailles je franchis la fameuse ligne de dĂ©marcation des 180 degrĂ©s, je fais des panos en ciseau », je raccorde brutalement dans l’axe
 Les gros plans sont rares, rĂ©servĂ©s aux effets dramatiques GeneviĂšve, Octave comme l’insertion de plans fixes dans la continuitĂ© la chasse. Les cadrages trichent toujours un peu avec la norme et prennent les acteurs plutĂŽt de biais, mais en Ă©liminant le plus possible le fastidieux champ-contrechamp Plus ça va, plus je renonce aux confrontations entre deux acteurs placĂ©s sagement devant l’appareil chez le photographe. Cela m’est commode de placer plus librement mes personnages Ă  des distances diffĂ©rentes de la camĂ©ra, de les faire bouger 
 1938 » Le montage, nerveux, qui procĂšde logiquement et chronologiquement tout Ă  la fois par le jeu des causes et des effets, soutient le parallĂ©lisme de la construction et souligne les intentions par d’heureuses ellipses, tout en sauvegardant la fluiditĂ© du rĂ©cit par le recours aux enjambements sonores d’un plan sur l’autre. [Philippe Esnault – L’Avant-ScĂšne CinĂ©ma,n°52 – octobre 1965] Telle est donc cette RĂšgle du jeu, sifflĂ©e probablement plus Ă  IĂ©poque pour ses innovations formelles que pour ses audaces de contenu. Les spectateurs d’aujourd’hui, facilement blasĂ©s, sont moins sensibles Ă  celles-ci qu’à celles-lĂ . Les sĂ©duit d’abord l’accent personnel d’un cinĂ©aste de grand talent qui se livre sans dĂ©tours dans une Ɠuvre pleine Ă  craquer qui reste le modĂšle cinĂ©matographique de l’art et de l’esprit français, fruit d’une culture jardiniĂšre conduite pendant des siĂšcles. Les ouvrages postĂ©rieurs de Renoir, qui prĂ©tendent en dĂ©velopper les leçons, sont plus d’une fois le reflet nostalgique de cet Ă©clatant feu d’artifice. Mais comme, dans le cinĂ©ma, on copie tous un peu sur les autres » Marcel CarnĂ© dixit, plus d’un confrĂšre, mĂȘme Ă©tranger, lui devra quelque chose. En considĂ©rant certains grands films de loccupation, de LumiĂšre d’étĂ© aux Enfants du Paradis en passant par Douce, on ne peut pas ne pas songer Ă  la cruelle mascarade de La RĂšgle du jeu. Et qui dira la dette de la nouvelle vague », d’un Kast ou d’un Doniol-Valcroze, Ă  l’égard de son pĂšre ? Qui dira ce que les auteurs de Senso, de La Dolce Vita, de La Notte peut-ĂȘtre ont tirĂ© de lui ? Influence ou rencontre, il n’est pas jusqu’aux Sourires d’une nuit d’étĂ© suĂ©doise qui n’évoque le jeu capricieux de La RĂšgle
 Pardonnez-moi, quand je me suis plantĂ© devant Les Massacres de Rambouillet du peintre Lorjou, quand LĂ©o FerrĂ© m’a fredonnĂ© 
Deux ou trois coups pour le faisan et le reste pour l’amazone », des images chĂšres me sont naturellement venues Ă  l’esprit celle d’un petit lapin qui tend les pattes dans son agonie, le visage baignĂ© de larmes de Schumacher et, sur un fond d’airs de fĂȘte, les rĂ©plique que nous Ă©changions entre amis sur les bancs de bois oĂč nous usions nos premiĂšres culottes de cinĂ©philes Il faut bien que ces gens-lĂ  s’amusent comme les autres ! » – Nous quitterons le chĂąteau en pleurant cet ami exquis.» – Vous m’direz c’que vous voudrez, mais ça, c’est un homme du monde! » – Je n’ai pas de vieille mĂšre ? Moi, je n’ai pas de vieille mĂšre ?
 » VoilĂ  sans doute le film français sonore le plus important, s’il n’est pas le plus rĂ©ussi ses imperfections dues Ă  l’excĂšs d’improvisation, sa richesse excessive qui laisse parfois perplexe, autant de maladresses qui sont la rançon d’une recherche alerte qui ne finit pas de sĂ©duire et d’étonner. Comment, par exemple, lui prĂ©fĂ©rer la sagesse acadĂ©mique de La Grande illusion ? Ce que Jean Renoir pouvait rĂ©pondre de mieux Ă  RenĂ© Clair, c’est qu’il est moins urgent de rĂ©ussir des films que d’inventer le cinĂ©ma. [Philippe Esnault – L’Avant-ScĂšne CinĂ©ma, n°52 – octobre 1965] A lire Ă©galement – LA RÈGLE DU JEU – Jean Renoir 1939 Devenu culte aprĂšs avoir Ă©tĂ© maudit mutilĂ©, censuré , ce vaudeville acide a Ă©tĂ© conçu dans l’atmosphĂšre trouble prĂ©cĂ©dant la Seconde Guerre mondiale, Ă  une Ă©poque oĂč une partie de la sociĂ©tĂ© française ignorait qu’elle dansait sur un volcan. Jean Renoir s’inspire de Beaumarchais et de Musset. Et il dirige ses comĂ©diens, inoubliables, en pensant Ă  la frĂ©nĂ©sie de la musique baroque, Ă  la verve trĂ©pidante de la commedia dell’arte Dalio en aristo frimeur, Carette en braconnier gouailleur, Paulette Dubost en soubrette, Gaston Modot en garde-chasse crucifiĂ©. Cette comĂ©die-mascarade entre bourgeois et domestiques est empreinte de gravitĂ©, Ă  l’image de la partie de chasse, macabre prĂ©moni­tion d’un massacre. Renoir le moraliste y dĂ©veloppe son thĂšme de prĂ©dilection le monde est un théùtre, la sociĂ©tĂ© un spectacle, et chacun a ses raisons de changer de rĂŽle, d’abuser des rĂšgles du jeu. [Nagel Miller – TĂ©lĂ©rama] 1 tableau de jeu 3 montagnes, 1 pont de pĂ©age, 7 bĂątiments 1 roue du destin 6 voitures + pions roses et bleus 2 petits fanions 1 casier de rangement Billets Polices d'assurance, actions, billets Ă  ordre 12 cartes Partage de la Richesse 18 cartes Marque de Standing 1 rĂšgle du jeu Type de piĂšce Disponible Ă  la vente Disponible enretrait sur Caen Envoi postalpossible - de 3cm d'Ă©paisseur ✅✅✅ + de 3cm d'Ă©paisseur ✅✅❌ Plateau de jeu ✅✅Suivant format RĂšgle du jeu ❌❌❌ Boite incomplĂšte ❌❌❌ Boite seule ❌❌❌ Vous souhaitez faire une demande de piĂšces pour ce jeu ? Remplissez ce formulaire et ajoutez cette demande Ă  votre panier ! Le Film français Devenu culte aprĂšs avoir Ă©tĂ© maudit mutilĂ©, censuré , ce vaudeville acide a Ă©tĂ© conçu dans l’atmosphĂšre trouble prĂ©cĂ©dant la Seconde Guerre mondiale, Ă  une Ă©poque oĂč une partie de la sociĂ©tĂ© française ignorait qu’elle dansait sur un volcan. Jean Renoir s’inspire de Beaumarchais et de Musset. Et il dirige ses comĂ©diens, inoubliables, en pensant Ă  la frĂ©nĂ©sie de la musique baroque, Ă  la verve trĂ©pidante de la commedia dell’arte Dalio en aristo frimeur, Carette en braconnier gouailleur, Paulette Dubost en soubrette, Gaston Modot en garde-chasse crucifiĂ©. Cette comĂ©die-mascarade entre bourgeois et domestiques est empreinte de gravitĂ©, Ă  l’image de la partie de chasse, macabre prĂ©moni­tion d’un massacre. Renoir le moraliste y dĂ©veloppe son thĂšme de prĂ©dilection le monde est un théùtre, la sociĂ©tĂ© un spectacle, et chacun a ses raisons de changer de rĂŽle, d’abuser des rĂšgles du jeu. [Nagel Miller – TĂ©lĂ©rama] LA RÈGLE DU JEU Jean Renoir, 1939 Dans ce film tout simplement Ă©poustouflant, Renoir porte Ă  la perfection sa technique de mise en scĂšne Ă  double profondeur. S’opposant au caractĂšre statique et trĂšs vite ennuyeux de la disposition de personnages dans un seul plan, il enferme dans la simultanĂ©itĂ© d’un mĂȘme cadre deux ou plusieurs actions diffĂ©rentes et bien souvent antagoniques. Ce principe d’écriture rejoint l’idĂ©e-force de son discours la mise en reprĂ©sentation d’une classe tentant de sauver l’image qu’elle se donne Ă  elle-mĂȘme et tente de faire accroire aux autres. Mais tout, absolument tout en consomme l’échec. Film ambitieux, film prĂ©monitoire, vĂ©ritable portrait d’une classe, La RĂšgle du jeu achĂšve le cycle des annĂ©es trente. Marceau, le braconnier, en devient le symbole. Toutes les espĂ©rances d’émancipation populaire et de transformation du cadre social appartiennent au passĂ©. Ne reste que l’espoir d’une intĂ©gration, et sous sa forme la plus aliĂ©nĂ©e la domesticitĂ©. PrisĂ©e, voulue, recherchĂ©e jusque dans ses rapports fusionnels, elle devient la seule solution. Tous les membres rapportĂ©s seront Ă©liminĂ©s. La mort d’AndrĂ© Jurieu, par-delĂ  son caractĂšre accidentel, assure le retour Ă  un ordre dĂ©fait. Renoir constate la domination exclusive des pulsions de possession et leur dĂ©sir secret d’un anĂ©antissement de tout ce qui peut les menacer. LA RÈGLE DU JEU Jean Renoir, 1939 Le rĂ©cit de La RĂšgle du jeu est l’un des plus libres qui soient. Le dĂ©coupage ruine constamment les prĂ©visions les plus lucides. La force de ce film est alors dans son paradoxe, en forme de tragĂ©die si tout semble imprĂ©visible et change Ă  tout instant, nous en revenons pourtant Ă  notre point de dĂ©part, mais avec une variation. Les apparences, si elles restent en place, ont perdu la part d’illusion qui leur confĂ©rait leur clinquant. Elles ne sont plus que le reflet factice d’une fausse luciditĂ©. [Jean Renoir – Daniel Serceau – Filmo n°12, Edilio 1985] LA RÈGLE DU JEU Jean Renoir, 1939 Dans une copie de La RĂšgle du jeu, distribuĂ©e dans les annĂ©es 80 dans les salles de cinĂ©ma, un avertissement avait Ă©tĂ© ajoutĂ© au dĂ©but de la pellicule annonçant que le film doit ĂȘtre interprĂ©tĂ© comme un divertissement et non comme une critique sociale ». C’est se mĂ©prendre sur le sens de cette Ɠuvre puissante de Jean Renoir. Lui-mĂȘme rappelait dans ses mĂ©moires Pendant le tournage, je fus ballottĂ© entre mon dĂ©sir de faire de la comĂ©die et celui de conter une tragique histoire. Le rĂ©sultat de mes doutes fut te film tel qu’il est. » De tous les personnages qui sont rĂ©unis dans le chĂąteau du marquis de la Chesnaye, deux seulement se comportent sans duplicitĂ© ni mensonges l’un est AndrĂ©, l’aviateur, un idĂ©aliste romantique amoureux de Christine, la trĂšs belle Ă©pouse du marquis ; il vient d’accomplir une traversĂ©e spectaculaire de l’Atlantique et il est profondĂ©ment déçu de ne pas avoir trouvĂ© Christine Ă  son arrivĂ©e Ă  Paris. L’autre est Octave interprĂ©tĂ© par Renoir, un ami du marquis et de sa femme, lui aussi fascinĂ© par le charme de cette derniĂšre. Cependant, comme c’est lui qui a procurĂ© une invitation Ă  AndrĂ©, il se sent en partie responsable de la tragĂ©die finale. Une analyse plus approfondie des personnages du film permet de remarquer qu’en rĂ©alitĂ© aucun d’eux n’agit par malveillance ; ce sont simplement des faibles, incapables de contrĂŽler leurs caprices. MĂȘme le garde-chasse, qui, par jalousie, provoque la mort accidentelle d’AndrĂ©, n’a pas besoin de se dĂ©fendre en se justifiant. Et pourtant les erreurs excusables, parfois mĂȘme comprĂ©hensibles, des personnages, semblent ĂȘtre le rĂ©sultat de leur irresponsabilitĂ©. Dans la sociĂ©tĂ© corrompue que dĂ©crit le film, les rĂšgles du jeu » se limitent seulement Ă  sauver les apparences, et toute idĂ©e relative Ă  un quelconque sens moral a disparu. LA RÈGLE DU JEU Jean Renoir, 1939 Quand, en juillet 1939, le film fut projetĂ© pour la premiĂšre fois, il fut accueilli par de telles manifestations d’hostilitĂ© – on tenta mĂȘme d’incendier la salle de cinĂ©ma – que les distributeurs demandĂšrent, et obtinrent, l’autorisation de couper les scĂšnes jugĂ©es offensantes ; mais, mĂȘme aprĂšs ces coupures, le public continua de protester et le film ne put rester Ă  l’affiche que trois semaines. En septembre de la mĂȘme annĂ©e, le gouvernement français le soumit Ă  la censure et dĂ©clara qu’il Ă©tait moralement inacceptable ». L’interdit fut levĂ© quelques mois plus tard, mais Ă  peine les Allemands entraient-ils dans Paris qu’il fut Ă  nouveau retirĂ© de la circulation pour l’ensemble de la zone occupĂ©e. Le film partagea l’opinion et resta longtemps un sujet d’interminables controverses. Certains critiques l’aimĂšrent sans rĂ©serve, d’autres le jugĂšrent comme un mĂ©lange confus et dĂ©sagrĂ©able de comĂ©die, de drame et de farce, le tout agencĂ© sans la moindre habiletĂ© ; d’autres enfin y reconnurent une attaque bien dirigĂ©e contre la grande bourgeoisie, ses mƓurs, ses habitudes et ses rites. La prĂ©sence au gĂ©nĂ©rique de l’acteur juif Marcel Dalio et de la rĂ©fugiĂ©e autrichienne Nora Gregor dĂ©clencha la vindicte de la presse nationaliste et antisĂ©mite, particuliĂšrement virulente Ă  l’époque. LA RÈGLE DU JEU Jean Renoir, 1939 Le film connut tant d’ennuis qu’on pensait, Ă  la fin de la guerre, ne plus pouvoir en retrouver une copie complĂšte. GrĂące Ă  une sĂ©rie de dĂ©couvertes fortuites et au travail de deux jeunes Français, supervisĂ© bien sĂ»r par Jean Renoir, le film put heureusement ĂȘtre intĂ©gralement reconstituĂ©. Aujourd’hui avec le recul du temps, il nous est facile de comprendre pourquoi ce film choqua si profondĂ©ment les spectateurs. La France Ă©tait sur le point d’entrer en guerre et de se jeter dans un conflit pour lequel elle allait avoir besoin de mobiliser toutes ses forces, toute sa population ; montrer si crĂ»ment l’état de dĂ©composition morale d’une de ses classes sociales – et de la plus importante au plan des dĂ©cisions – n’était peut-ĂȘtre pas une initiative opportune. LA RÈGLE DU JEU Jean Renoir, 1939 Pour le rĂŽle de Christine, Renoir avait d’abord portĂ© son choix sur Simone Simon, mais le budget limitĂ© du film ne permit pas sa participation. Ce fut par hasard qu’il rencontra Nora Gregor, une actrice de théùtre autrichienne, et qu’il l’engagea malgrĂ© l’opposition de ses collĂšgues surtout Ă  cause de sa mauvaise prononciation de la langue française. L’obstination du cinĂ©aste s’avĂ©ra heureuse son jeu Ă©tait trĂšs juste, constamment Ă©mouvant, que ce soit dans la sĂ©quence oĂč l’aviateur amoureux arrive au chĂąteau ou celle au cours de laquelle elle dĂ©couvre, Ă  la jumelle, son mari en train d’embrasser sa maĂźtresse. LA RÈGLE DU JEU Jean Renoir, 1939 Les scĂšnes de chasse sont parmi les moments forts de La RĂšgle du jeu ; tournĂ©es en direct, leurs images aux tons grisĂątres attĂ©nuent la sauvagerie du massacre final. La partie de chasse est suivie d’un bal CostumĂ© au cours duquel de nombreux invitĂ©s non sans une part d’inconscience ! se dĂ©guisent en squelettes pour exĂ©cuter une sinistre danse macabre. Les intrigues amoureuses des domestiques se mĂȘlent Ă  celles de leurs maĂźtres et des invitĂ©s du chĂąteau. Lorsque le garde-chasse jaloux, armĂ© d’un fusil, provoque la tragĂ©die finale, les personnes prĂ©sentes semblent peu Ă©tonnĂ©es, on considĂšre presque l’accident comme une distraction amusante et tous restent prisonniers des situations qu’ils ont eux-mĂȘmes créées. LA RÈGLE DU JEU Jean Renoir, 1939 Dans les scĂšnes finales – lorsque le garde-chasse tire sur l’aviateur aprĂšs l’avoir vu dans le parc du chĂąteau en compagnie d’une femme qu’il prend pour Lisette – les invitĂ©s donnent Ă  ce drame une explication conforme Ă  leur Ă©thique le crime a sĂ»rement Ă©tĂ© commis par le marquis et il est justifiĂ© puisque, au fond, ce dernier voulait empĂȘcher l’aviateur de s’enfuir avec Christine. LA RÈGLE DU JEU Jean Renoir, 1939 Avec La RĂšgle du jeu, Jean Renoir a donnĂ© au cinĂ©ma un chef-d’ Ɠuvre comme il en existe peu, un de ces films qui reste longtemps dans la mĂ©moire de ceux qui l’ont vu le tableau inoubliable d’un monde et d’une sociĂ©tĂ© que le rĂ©alisateur connaissait parfaitement et dont il avait pressenti l’écroulement. [La grande histoire illustrĂ©e du 7Ăšme art – Editions Atlas 1983] LA RÈGLE DU JEU Jean Renoir, 1939 “Que sont mes personnages ? On aurait tort de leur chercher un caractĂšre symbolique, ou de trouver dans La RĂšgle du jeu des thĂšmes satiriques sociaux. Ces personnages sont de simples ĂȘtres humains, ni bons ni mauvais, et chacun d’entre eux est fonction de sa condition, de son milieu, de son passĂ©. Le drame de Nora Gregor est celui de l’étrangĂšre dans un pays qui n’est pas le sien. Celui de Roland Toutain est encore plus complexe il est le hĂ©ros impuissant, ce singulier personnage de nos jours qui consacre toute son Ă©nergie Ă  l’action et qui, en dehors de l’action, n’est qu’un enfant. Paulette Dubost est la gentillesse fĂ©minine mĂȘme, et Mila Parely la femme qui mĂšne une lutte acharnĂ©e, mais lĂ©gitime, contre celle qu’elle veut dĂ©possĂ©der. Tous ces personnages – et Carette, anarchiste bricoleur, Gaston Modot, garde-chasse esclave du devoir, moi-mĂȘme – gravitent autour de Dalio, pivot de l’action, le seul qui les domine par son intelligence. Chacun d’entre eux a ds raisons d’agir, et ces raisons sont respectables. Ils suivent “la rĂšgle du jeu”. Et le jeu, comme dans la vie, est tantĂŽt comique, tantĂŽt dramatique.”Propos recueillis par Nino Frank, Pour vous 24 mai 1939 [autour de La RĂšgle du jeu] LE JEU DE LA VÉRITÉ par Philippe EsnaultPeu de films ont suscitĂ© autant de rĂ©actions diverses et variables, hĂ©sitantes ou catĂ©goriques, si souvent contradictoires – Ă  l’image peut-ĂȘtre d’une Ɠuvre riche Ă  l’excĂšs – qu’on est tentĂ© de donner sa langue au chat. Mais que La RĂšgle du jeu, restaurĂ©e par des mains pieuses en 1959 sortit d’un purgatoire de vingt-cinq ans pour accĂ©der au ciel des classiques, il est temps d’oublier les caprices de la mode, la paresse de tous les conformismes et la faiblesse des passions les plus sincĂšres, pour examiner sereinement l’ouvrage Ă  la lumiĂšre d’informations complĂštes, le saisir d’un coup d’Ɠil dans sa premiĂšre nouveautĂ© grĂące au recul propice, le juger enfin avec tous les Ă©gards qu’on doit Ă  la vraie jeunesse. L’histoire et les extraits L’aviateur AndrĂ© Jurieu Roland Toutain vient de traverser l’Atlantique en solitaire. A l’aĂ©roport, il est attendu par son ami Octave Jean Renoir, un musicien ratĂ©. Mais Christine Nora Gregor, la femme mariĂ©e pour l’amour de laquelle il a tentĂ© cette aventure, n’est pas lĂ . A la radio, il lui dĂ©clare toute son amertume. Robert de la Chesnay Marcel Dalio, le mari de Christine, entend ses propos. Il excuse son Ă©pouse. Celle-ci lui fait part de toute sa confiance. FrappĂ© par ce trait d’estime, Robert appelle GeneviĂšve Mila ParĂ©ly, sa maĂźtresse de longue date. Le lendemain matin, il rompt avec elle. AndrĂ© Jurieu tente de se suicider au volant de son automobile. Octave comprend sa douleur. Il convainc Christine puis Robert. Les deux Ă©poux l’invite Ă  leur chĂąteau de la ColiniĂšre oĂč ils organisent une partie de chasse. A la ColiniĂšre, Christine accueille AndrĂ© Jurieu. Tout le monde la guette. Elle prĂ©sente leur relation comme sous le jour d’une pure amitiĂ©. Les convenances sont respectĂ©es. Satisfait de cet arrangement, Robert dĂ©cide de tenir une petite fĂȘte ; des scĂ©nettes de théùtre leur permettront de se dĂ©guiser. Au cours de la partie de chasse, Christine aperçoit son mari dans les bras de GeneviĂšve. Les anciens amants se disent adieu, mais l’épouse se mĂ©prend et dĂ©cide de prendre sa revanche. Tandis que la reprĂ©sentation théùtrale bat son plein, elle se laisse courtiser par l’un de ses soupirants, Monsieur de Saint-Aubin Pierre Nay. Robert court aprĂšs elle ; AndrĂ© Jurieu aussi. Celui-ci se collette avec Saint-Aubin ; Christine finit par lui avouer son amour. Mais au lieu de partir immĂ©diatement avec elle, il lui propose de demeurer quelque temps chez sa mĂšre. Christine est terriblement déçue. La Chesnaye, sĂ©duit par la drĂŽlerie de Marceau Julien Carette, un braconnier lui a offert un emploi au chĂąteau. Celui-ci s’est pris d’amitiĂ© » pour Lisette Paulette Dubost, la femme du garde-chasse. Les deux hommes se battent bientĂŽt, ajoutant leur dĂ©sordre Ă  ceux de leurs maĂźtres et semant la panique parmi les invitĂ©s. Robert en vient aux mains avec Jurieu. Finalement, les deux domestiques sont maĂźtrisĂ©s ; les maĂźtres retrouvent leur sang-froid. Robert congĂ©die Schumacher Gaston Modot et Marceau. Il dĂ©cide avec AndrĂ© Jurieu des conditions de sa liaison avec son Ă©pouse. Octave entraĂźne Christine dans une petite serre. Elle lui dĂ©clare Son amour. Il fait froid. Elle a revĂȘtu la pĂšlerine offerte par Schumacher Ă  Lisette. Celui-ci la confond avec son Ă©pouse et dĂ©cide de l’abattre, ainsi que son amant. Octave rentre au chĂąteau pour prendre ses affaires mais, au dernier moment, invite AndrĂ© Ă  rejoindre Christine. Schumacher, accompagnĂ© de Marceau, l’abat. Robert dĂ©clare Ă  ses invitĂ©s que ce n’est qu’un accident. Schumacher est rĂ©intĂ©grĂ© dans ses fonctions. Octave et Marceau quittent le chĂąteau. JEAN RENOIR UNE VIE AU SERVICE DU CINÉMAConsidĂ©rĂ© par beaucoup comme le plus grand et le plus français des cinĂ©astes français », Jean Renoir aura marquĂ© son temps avec des films oĂč une fĂ©roce critique de la sociĂ©tĂ© s’alliait Ă  un sens trĂšs vif du spectacle. BOUDU SAUVÉ DES EAUX Jean Renoir, 1932Dans Boudu sauvĂ© des eaux, Renoir fait pour la premiĂšre fois avec une telle clartĂ© le procĂšs de l’imaginaire en tant que force de dĂ©nĂ©gation du rĂ©el et instrument de conquĂȘte d’une identitĂ© mensongĂšre. Tout le malentendu autour de l’insuccĂšs puis du succĂšs de ce film vient de lĂ . A travers le personnage de Michel Simon, le spectateur n’accĂšde-t-il pas lui aussi Ă  une illusion de libertĂ© sur fond de dĂ©nĂ©gation de ses propres contradictions ? Redoublant le gĂ©nie de Renoir, sa science du dĂ©cor et de la profondeur de champ, Boudu doit Ă©videmment beaucoup Ă  l’immense talent de Michel Simon. On ne peut mĂȘme plus parler de direction d’acteur, mais de la rencontre de deux personnalitĂ©s d’exception en Ă©tat de grĂące. Une Ɠuvre unique dans le cinĂ©ma mondial. Ainsi qu’il en est souvent dans l’Ɠuvre de Jean Renoir. TONI – Jean Renoir 1935RĂ©alisĂ© avec des acteurs et des techniciens de l’équipe Marcel Pagnol, dĂ©veloppĂ© dans son laboratoire de Marseille, et ayant peut-ĂȘtre bĂ©nĂ©ficiĂ© de sa discrĂšte collaboration pour certains dialogues, Toni, entiĂšrement tournĂ© en extĂ©rieurs dans le Midi, a plus d’un point commun avec AngĂšle, tant dans son thĂšme et ses personnages que dans son style, rĂ©solument mĂ©lodramatique. LA BÊTE HUMAINE – Jean Renoir 1938Deux ans aprĂšs leur premiĂšre collaboration pour Les Bas-fonds, Gabin et Renoir se retrouvent pour porter Ă  l’écran le roman d’Émile Zola. À la fois drame social et romance tragique, La BĂȘte humaine s’avĂ©rera l’un des chefs-d’Ɠuvre de l’immĂ©diat avant-guerre. UNE PARTIE DE CAMPAGNE – Jean Renoir 1936Moyen mĂ©trage aussi travaillĂ© qu’un film long selon l’expression de son auteur, ce dix-septiĂšme film de Renoir est une Ɠuvre faussement limpide. Simple histoire d’amour pour une banale promenade Ă  la campagne, il porte, jusqu’à en crier, toute la tragĂ©die de l’amour en Occident – une tragĂ©die dont Renoir, de film en film, fera une critique de plus en plus radicale pour en consommer dĂ©finitivement la fin dans Le roi d’Yvetot. LES BAS-FONDS – Jean Renoir 1936L’action des Bas-fonds se situe Ă  la fois dans la Russie des tsars et la France du Front populaire. Renoir n’a pas cherchĂ© Ă  tricher. Seuls les noms, les costumes et quelques anecdotes de scĂ©nario rappellent le pays de Gorki. Le rĂ©alisme extĂ©rieur » ne compte pas. L’auteur du Crime de monsieur Lange parle de la France en 1936. FRENCH CANCAN – Jean Renoir 1954Le film dont Jean Gabin attaque le tournage Ă  l’automne 1954 est, Ă  plusieurs titres, placĂ© sous le signe du renouveau. Tout d’abord parce qu’il s’agit de son tout premier film en couleurs. Ensuite, parce que l’aventure de French Cancan marque la fin d’une des bouderies les plus regrettables du cinĂ©ma français en froid depuis la Seconde Guerre suite Ă  des choix de vie divergents, Gabin et Jean Renoir trouvent dans ce projet le prĂ©texte Ă  des retrouvailles sans doute espĂ©rĂ©es de part et d’autre depuis longtemps. LA GRANDE ILLUSION – Jean Renoir 1937 La Grande Illusion, Ă©crivait François Truffaut, est construit sur l’idĂ©e que le monde se divise horizontalement, par affinitĂ©s, et non verticalement, par frontiĂšres. » De lĂ  l’étrange relation du film au pacifisme la guerre abat les frontiĂšres de classe. Il y a donc des guerres utiles, comme les guerres rĂ©volutionnaires, qui servent Ă  abolir les privilĂšges et Ă  faire avancer la sociĂ©tĂ©. En revanche, suggĂšre Renoir, dĂšs que les officiers, qui n’ont d’autre destin que de mourir aux combats, auront disparu, alors les guerres pourront ĂȘtre abolies c’est le sens de la seconde partie, plus noire, qui culmine dans les scĂšnes finales entre Jean Gabin et Dita Parlo, Ă  la fois simples et Ă©mouvantes. lundi 12 novembre 2018 par Sommaire Le dĂ©sir et son interprĂ©tation. L’objet se trouve ĂȘtre ce quelque chose qui n’est pas le corrĂ©latif et le correspondant d’un besoin du sujet. Arriver Ă  apprendre ce que l’avare
 Arriver Ă  savoir ce que l’avare a perdu quand on lui a volĂ© sa cassette, on apprendrait beaucoup ». L’analyse est le premier lieu, la premiĂšre dimension dans laquelle on peut rĂ©pondre Ă  cette parole. Je vais prendre un exemple dans La RĂšgle du jeu, le film de Jean Renoir. Rappelez-vous, si vous vous souvenez encore de ce film, du moment oĂč Dalio dĂ©couvre devant une assistance nombreuse sa derniĂšre dĂ©couverte une plus spĂ©cialement belle boĂźte Ă  musique. C’est une des formes de l’objet du va prendre cette Ɠuvre, qui montre comment le cinĂ©ma peut se dĂ©finir comme Ɠuvre d’art. Le scĂ©nario est hallucinant, les acteurs jouent Ă  merveille. Dans ce milieu d’un certain temps, dont la subjectivitĂ© est celle de cette bourgeoisie richissime, qui veut vivre comme les aristocrates. La rĂšgle du jeu tourne au dĂ©sastre, bouffonante, la comĂ©die tourne Ă  la tragĂ©die, non sans que le spectateur, ici moi-mĂȘme, puisse rire jusqu’aux larmes, jusqu’à me rouler en huit par terre. Le film est Ă  voir, d’autant plus qu’il vient d’ĂȘtre remastĂ©risé c’est le cas de le dire. Merci Jean Renoir d’avoir existĂ©, et tous ces acteurs aussi. Inoubliable. Patrick Valas, ce lundi 12 novembre 2018. Le dĂ©sir et son se trouve ĂȘtre ce quelque chose qui n’est pas le corrĂ©latif et le correspondant d’un besoin du sujet. L’objet se trouve ĂȘtre ce quelque chose qui n’est pas le corrĂ©latif et le correspondant d’un besoin du sujet, mais ce quelque chose qui supporte le sujet au moment prĂ©cisĂ©ment oĂč il a Ă  faire face, si l’on peut dire, Ă  son existence, qui supporte le sujet dans son existence, dans son existence au sens le plus radical, Ă  savoir en ceci justement qu’il existe dans le langage ; c’est-Ă -dire qu’il consiste en quelque chose qui est hors de lui, en quelque chose qu’il ne peut saisir dans sa nature propre de langage qu’au moment prĂ©cis oĂč lui, comme sujet, doit s’effacer, s’évanouir, disparaĂźtre derriĂšre un signifiant, ce qui est prĂ©cisĂ©ment le point, si l’on peut dire, “panique” autour duquel il a Ă  se raccrocher Ă  quelque chose et c’est justement Ă  l’objet en tant qu’objet du dĂ©sir qu’il se raccroche. Quelque part quelqu’un que, pour ne pas faire d’embrouilles, je ne vais pas nommer tout de suite aujourd’hui, quelqu’un de tout Ă  fait contemporain mort, a Ă©crit Arriver Ă  apprendre ce que l’avare
 Arriver Ă  savoir ce que l’avare a perdu quand on lui a volĂ© sa cassette, on apprendrait beaucoup ». C’est exactement ce que nous avons Ă  apprendre, je veux dire Ă  apprendre pour nous-mĂȘmes et Ă  apprendre aux autres. L’analyse est le premier lieu, la premiĂšre dimension dans laquelle on peut rĂ©pondre Ă  cette parole. L’analyse est le premier lieu, la premiĂšre dimension dans laquelle on peut rĂ©pondre Ă  cette parole, et bien entendu, parce que l’avare est ridicule, — c’est-Ă -dire beaucoup trop proche de l’inconscient pour que vous puissiez le supporter — il va falloir que je trouve un autre exemple plus noble pour vous faire saisir ce que je veux dire. Je pourrais commencer Ă  vous l’articuler dans les mĂȘmes termes que tout Ă  l’heure en ce qui concerne l’existence et dans deux minutes vous allez me prendre pour un existentialiste, et ce n’est pas ce que je dĂ©sire. Je vais prendre un exemple dans La RĂšgle du jeu, le film de Jean Renoir. Quelque part le personnage qui est jouĂ© par Dalio, qui est le vieux personnage comme on en voit dans la vie dans une certaine zone sociale — et il ne faut pas croire que ce soit mĂȘme limitĂ© Ă  cette zone sociale — c’est un collectionneur d’objets et plus spĂ©cialement de boĂźtes Ă  musique. Rappelez-vous, si vous vous souvenez encore de ce film, du moment oĂč Dalio dĂ©couvre devant une assistance nombreuse sa derniĂšre dĂ©couverte une plus spĂ©cialement belle boĂźte Ă  musique. À ce moment lĂ , le personnage littĂ©ralement est dans cette position que nous pourrions appeler et que nous devons appeler exactement celle de la pudeur il rougit, il s’efface, il disparaĂźt, il est trĂšs gĂȘnĂ©. Ce qu’il a montrĂ© il l’a montrĂ©. Mais comment ceux qui sont lĂ  pourraient-ils comprendre que nous nous trouvons lĂ , Ă  ce niveau, Ă  ce point d’oscillation que nous saisissons, qui se manifeste, Ă  l’extrĂȘme, dans cette passion pour l’objet du collectionneur ? C’est une des formes de l’objet du dĂ©sir. Ce que le sujet montre ne serait rien d’autre que le point majeur, le plus intime de lui-mĂȘme ; ce qui est supportĂ© par cet objet, c’est justement ce qu’il ne peut dĂ©voiler, fĂ»t-ce Ă  lui-mĂȘme, c’est ce quelque chose qui est au bord mĂȘme du plus grand secret. C’est cela, c’est dans cette voie que nous devons chercher Ă  savoir ce qu’est pour l’avare sa cassette. Il faut que nous fassions certainement un pas de plus pour ĂȘtre tout Ă  fait au niveau de l’avare et c’est pour cela que l’avare ne peut ĂȘtre traitĂ© que par la comĂ©die. JLacan, in Le dĂ©sir et son interprĂ©tation, leçon du 10 dĂ©cembre 1958 0 to 5 ĂŒber 5 Erschienen am 20 Dez. 2008 195522 Bonjour Ă  tous, je recherche la rĂšgle du jeu "destin jeu de la vie" de chez ravensberger annĂ©e 1984. Un grand merci d'avance MichĂšle la maman de ChloĂ© recraxErschienen am 20 Dez. 2008 204159 javabErschienen am 20 Dez. 2008 213703 bonsoir merci pour ta rĂ©ponse javabErschienen am 22 Dez. 2008 155110 Merci pour ta rĂ©ponse mais se n'est pas la bonne rĂšgle moi je cherche la rĂšgle du jeu "destin jeu de la vie" de chez ravensberger annĂ©e 1984. MichĂšle la maman de ChloĂ© lambeerErschienen am 22 Dez. 2008 155553 c'est le premier qui crie "et moi, je me marriiiiiiiiiiiie" qui gagne

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